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Communiqués de presse

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Paris, le 27 septembre 2019

Jacques Chirac, le bien-aimé : le numéro hommage de Paris Match

Paris Match rend hommage à Jacques Chirac avec un numéro exceptionnel consacré à l'ancien président de la République.

 

L'éditorial d'Olivier Royant, directeur de la rédaction de Paris Match

Entre Paris Match et Jacques Chirac ce fut : nous nous sommes tant aimés et si souvent fâchés... Comme avec tous les autres présidents de la Ve République. Mais en 2001, quand l'un des nôtres, Michel Peyrard, en reportage en Afghanistan, a été arrêté, emprisonné et menacé de mort par les talibans, il était là. Il s'est personnellement impliqué. Pendant un mois, depuis le Pakistan, alors que nous n'avons pas toujours osé appeler sa famille parce qu'il était difficile de la rassurer, le président, lui, avait su trouver les mots. Sans se forcer, naturellement. Le sort d'un seul homme, la vie d'un otage ou la douleur d'un ami hospitalisé devenaient alors plus importants pour lui que la courbe du chômage ou le prochain Conseil interministériel. La compassion plus forte que le cynisme. De bataille en bataille, parfois seul contre tous, séducteur électoral ambitieux, fauve politique seulement rassasié par la victoire, Jacques Chirac a tout connu : la réussite rapide, l'ascension au sommet, l'échec, la trahison et la traversée du désert.

Dans ce numéro spécial, la rédaction de Paris Match revient sur le destin exceptionnel d'un homme que les Français ont mis du temps à aimer mais à qui, au final, ils ont tout pardonné. Même son habileté à reporter sur ses successeurs les réformes structurelles courageuses dont le pays et la jeunesse enthousiaste de la «génération Chirac» avaient tant besoin. Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies, l'a décrit ainsi : « De tous les leaders avec lesquels j'ai travaillé, il est un des rares à mesurer pleinement la complexité du monde. »

Le dernier de nos présidents à avoir connu la guerre
 
Jacques Chirac est le dernier de nos présidents à avoir connu la guerre. La sienne comme lieutenant, eut lieu sur un piton rocheux en Algérie. Parce qu'il connaissait mieux que George W. Bush les pièges du Moyen-Orient et qu'il subodorait les horreurs qui suivraient, il n'a pas voulu faire la guerre en Irak en 2003, épargnant ainsi à la France une déconvenue devant l'Histoire.
 
Correspondant français fraîchement arrivé aux États-Unis et ayant pris pour modèle la discipline américaine, j'interpellais le maire de Paris, en visite à New York, sur un problème d'utilité publique : «Quand comptez-vous débarrasser la ville des déjections canines?» Chirac m'a transpercé du regard et m'a rétorqué : «Cher Monsieur, je n'obligerai jamais une vieille dame à ramasser derrière son chien.» L'autre jour, j'observais une Parisienne très âgée peinant derrière son animal, sa seule compagnie, la seule lumière dans sa vie. Elle était dans l'incapacité absolue de se pencher... Et j'ai repensé à Jacques Chirac à New York et à la complexité du monde.
Paris Match